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"Si ceux qui sont nos maîtres, et qui disent que Dieu les a mis sur la terre pour faire notre bonheur, pouvaient se figurer, au commencement d'une campagne, les pauvres vieillards, les malheureuses mères auxquels ils vont en quelque sorte arracher le coeur et les entrailles pour satisfaire leur orgueil; s'ils pouvaient voir leurs larmes et entendre leurs gémissements au moment où l'on viendra leur dire : "Votre enfant est mort... vous ne le "verrez plus jamais! il a péri sous les pieds des chevaux, ou bien écrasé "par un boulet, ou bien dans un hôpital, au loin, -- après avoir été "découpé, -- dans la fièvre, sans consolation, en vous appelant comme "lorsqu'il était petit!... " s'ils pouvaient se figurer les larmes de ces mères, je crois que pas un seul ne serait assez barbare pour continuer. Mais ils ne pensent à rien; ils croient que les autres n'aiment pas leurs enfants autant qu'eux; ils prennent les gens pour des bêtes! Ils se trompent; tout leur grand génie et toutes leurs grandes idées de gloire ne sont rien, car il n'y a qu'une chose pour laquelle un peuple doit marcher -- les hommes, les femmes, les enfants et les vieillards --, c'est quand on attaque notre Liberté, comme en 92; alors on meurt ensemble ou l'on gagne ensemble; celui qui reste en arrière est un lâche; il veut que les autres se battent pour lui... la victoire n'est pas pour quelques-uns, elle est pour tous, le fils et le père défendent leur famille; s'ils sont tués, c'est un malheur, mais ils sont morts pour leurs droits. Voilà, Joseph, la seule guerre juste, où personne ne peut se plaindre; toutes les autres sont honteuses, et la gloire qu'elles rapportent n'est pas la gloire d'un homme, c'est la gloire d'une bête sauvage!"
Approbation d’Oriane (crayon de papier orange): c’est juste, Général ne pensait jamais à cela, même quand il prétendait, avant de les envoyer se battre et mourir pour lui dans ses combats douteux qui n’avaient d’autres fins que de soutenir ses ambitions personnelles, qu’il les aimait comme des fils… Il y a un immense décalage entre ce que disent les puissants politiques et ce qu’ils réalisent. Ce qui les justifie, la notion hypocrite du bien commun. La plupart du temps elle dissimule en fait un immense égoïsme. J’ai vécu cela de près.
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